Lorsqu’on devient parent, on sait que le chemin ne va pas être facile mais je pense que s’il y a bien une chose dont nous sommes tous sûrs c’est que nous serons là pour les écouter, pour les guider, pour apaiser leurs angoisses et leurs peines. Oui mais voilà, parfois ce n’est pas si simple et toute notre bonne volonté ne suffit pas. C’est ce que Jules et moi avons compris…

Petit retour en arrière

Lorsque Junior était bébé, nous avons tout de suite éprouvé des difficultés. Il pleurait beaucoup, était très demandeur de notre présence. Nous avons pris conscience qu’il ne fallait pas sortir d’un rythme très précis pour l’heure des repas ou du coucher.

Les personnes de notre entourage ne nous comprenaient pas. Ils nous disaient que nous n’étions pas flexibles, qu’il fallait le laisser vivre mais en même temps, lorsque nous ne laissions pleurer un peu trop longtemps à leur goût, nous avions droit à des remarques et des regards assassins.

Bébé, il s’ennuyait. J’en suis maintenant persuadée mais à l’époque, quand j’évoquais cette idée, on me répondait: ‘n’importe quoi! Un bébé, ça ne s’ennuie pas!’

Quand on vient de devenir parent, on ne se fait pas confiance… Et je ne dérogeais pas à la règle. J’écoutais ce qu’on me disait. Et cela a continué encore …trop longtemps comme j’en parle dans mon article, A toi mon fils aîné qui a essuyé les plâtres.

Junior a grandi. Il a toujours été un petit garçon très vif mais il ne montrait pas beaucoup ses sentiments envers nous. Nous n’avions pas droit à des câlins ou des bisous, encore moins à des ‘je t’aime’ alors que nous lui faisions tout ça. C’était dur à vivre mais nous l’acceptions comme il était bien sûr.

Et puis est arrivé son frère…

Les ennuis ont réellement commencé lorsque je suis tombée enceinte. Junior est devenu encore plus distant et dur, surtout avec moi. C’est très difficile de mettre des mots sur ce qu’il s’est passé et c’est encore douloureux, je dois bien l’avouer. Mais c’est allé assez loin. Il a toujours su appuyer là où ça fait mal. Il m’en voulait d’avoir voulu un autre enfant. Je l’ai compris tout de suite. C’est une réaction assez classique.

Jules et moi avons beaucoup parlé, expliqué. Nous avons essayé la fermeté quand il allait trop loin. Mais rien n’y a fait. La situation a empiré jusqu’au point où nous redoutions les weekends!

Numérobis est né. Junior n’a jamais été méchant avec son frère ni violent. Sa violence m’était destinée. J’ai beaucoup pleuré, et crié, et pleuré, et culpabilisé, et pleuré… Je me trouvais la pire mère au monde à chaque fois que je lui criais dessus quand je n’avais plus l’énergie de lui expliquer les choses calmement. Tout cela a contribué à mon burnout je pense comme j’en parle ici.

Au début, Jules était un peu notre médiateur mais petit à petit, lui aussi s’est épuisé et a commencé à en vouloir à Junior.

Nous étions dans une impasse et n’arrivions plus à communiquer. Tout le monde souffrait et c’est ce qui m’a poussé à réagir pour trouver une solution. Je ne supportais pas de voir mes enfants souffrir. Numérobis vivait dans une ambiance malsaine et Junior ne pouvait pas être heureux s’il avait des réactions comme les siennes.

Direction la psy!

La première fois que nous avons consulté la psy pour Junior, il avait 7 ans. Vous vous dites peut-être que nous avons été longs à la détente, mais je pense que c’est une décision qui n’est pas facile à prendre.

Comme je le disais au début, nous parents, nous disons que c’est nôtre rôle d’aider nos enfants et s’avouer que nous ne pouvons pas toujours le faire peut faire souffrir net peut nous faire culpabiliser: qu’avons nous fait de mal? Que va nous dire la psy?

Nous l’avons d’abord vue tous les 3 (Junior, Jules et moi). Nous n’avons pas voulu amener Numérobis que nous jugions trop petit à l’époque. La psychiatre a ensuite voulu nous voir seulement moi et Jules (2 fois) puis elle a commencé les séances avec Junior.

Les résultats

Depuis le début de sa thérapie, c’est le jour et la nuit! Junior va beaucoup mieux et nous aussi. Il a compris qu’il était important de communiquer et de mettre des mots sur ses émotions. Maintenant, il ose plus nous dire quand quelque chose le dérange ou le blesse.

Nos relations familiales se sont améliorées. Plus de stress avant les weekends et les dernières vacances ont été un vrai plaisir (chose que nous n’avions pas connue jusque là!).

Bien évidemment, je ne regrette absolument pas notre choix. D’ailleurs, Junior continue à aller voir sa psy à sa demande et me dit “qu’ils s’amusent et rigolent bien tous les 2!”

Mes recommandations

Avant de faire la démarche, il faut avoir conscience de quelques points:

  • cela peut être violent, surtout pour les parents: il faut être prêt à tout entendre, même des choses qui fâchent. Il faut déjà avoir fait un travail sur soi-même pour arriver à prendre du recul par rapport à ce que le thérapeute va vous dire.
  • il faut jouer le jeu: tout ce que votre enfant dira au thérapeute restera secret (sauf bien sûr si ce dernier estime que vous devez être informé).
  • il faut que l’enfant soit d’accord: nous avons expliqué à Junior qu’il allait parler à quelqu’un et qu’il allait pouvoir lui dire tous ses secrets qu’elle ne pourrait en aucun cas nous révéler (sauf si elle pensait que ça pourrait l’aider). Et il a accepté (je lui ai aussi expliqué notre souffrance et notre souhait d’avoir des relations apaisées).

Avec du recul, je me dis que nous aurions dû consulter plus tôt mais vous savez ce qu’on dit, avec des si….

Bref, emmener mon enfant chez la psy a été la meilleure décision que j’aie prise! Alors si vous sentez que votre enfant est en souffrance, n’hésitez pas!

Write A Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.