Tout d’abord, j’aimerais vous dire que:

  • cet article va sûrement partir dans tous les sens
  • beaucoup d’entre vous ne se reconnaitront pas et c’est tant mieux
  • des papas se diront que eux aussi ressentent la même chose…

Si vous êtes déjà venus sur mon blog, vous savez sans doute que l’année dernière j’ai fait un burnout que j’ai qualifié de mixte (Le burnout mixte). Cumuler 2 travails: celui d’enseignante et celui de maman, voilà ce qui m’a eu…

J’ai fait un travail sur moi-même, je suis allée voir une psy, j’ai essayé de prendre du recul. J’ai même vu les choses positives que m’avait apporté cette épreuve (Pourquoi je veux dire merci à mon burnout). Dans tout cela, j’ai été sincère envers les autres et envers moi-même. Je ne voulais pas revivre ce que je venais de traverser. Une fois mais pas deux. A partir de maintenant, j’allais me prendre en main, ne pas retomber dans les mêmes pièges….

Oui mais voilà, ce n’est pas si simple. Le sentiment de mal-être au travail est revenu au galop et avec lui sa copine, j’ai nommé la fatigue. Cette dernière, lancinante, perfide, s’est lentement transformée en épuisement qui lui-même n’est jamais loin de la déprime. Et lorsque la déprime et la fatigue s’allient, arrive à grandes enjambées la culpabilité.

Regarde-toi! Tu es prof, tu fais peu d’heures. Ton mari est peu présent certes mais au moins il est là et fait ce qu’il peut. Et puis, vois les autres mamans! Elles y arrivent, elles! Et elles ne sont pas profs, elles! Pourquoi tu n’y arrives pas, hein?

Et pourtant, je sais que je ne suis pas la seule. J’ai beaucoup d’amies et de connaissances qui vivent et ressentent la même chose que moi. Beaucoup de femmes ont du mal à tout concilier.

Une image me vient à l’esprit pour évoquer ce que je ressens: je suis une équilibriste. Constamment sur le fil, je sens que je suis prête à basculer dans le vide à chaque instant. Un grain de sable qui vient enrayer mon quotidien et je bascule. Maladie des enfants, une nuit plus dure que les autres, une journée au travail qui se passe mal… Je puise sans cesse dans mes réserves qui sont déjà pourtant bien épuisées.

Et ce constat que j’arrive enfin à faire:

je n’y arrive plus

Rien que pour l’écrire, j’ai du mal. Mais je ne peux plus le nier et pour mon bien-être et celui de mes enfants, je me dois de le reconnaitre et de l’accepter car à partir de là, je vais pouvoir avancer et trouver des solutions pour aller mieux.

Je ne peux pas en parler pour l’instant car rien n’est officiel mais j’avance et une piste est en train de se dessiner. Non sans mal car la peur me taraude. J’ai peur de me tromper et de regretter. Mais je me rends compte que je n’ai pas le choix. Parfois le courage est de reconnaitre ses faiblesses….

To be continued…

5 Comments

  1. Pingback: Je voudrais être payée pour mon métier de maman - Maman 4.0

  2. Bonjour,
    Voilà un message qui…me donne envie de pleurer…

    Je suis enseignante en maternelle depuis 2008, 6 ans de direction.
    J’ai un petit garçon de 5 ans et je suis séparée du papa depuis juillet 2017.
    J’ai demandé ma dispo depuis septembre 2018.

    Et encore aujourd’hui….je ne sais pas comment je vais faire pour retourner au travail en septembre 2020.
    Je prévois de faire une rupture conventionnelle en janvier et une reconversion….loin des enfants, très loin de l’Éducation nationale.

    Pour moi, tout ça a été tout bonnement impossible…directrice d’école, avec 28 gosses de 3 ans toute la.journée et je courrai le soir pour récupérer le mien et continuer sur la même cadence.

    C’est bête mais ça me fait du.bien de vous lire et de voir que vous connaissez des femmes qui sont dans les mêmes difficultés.

    Vous utilisez l’image de l’equilibriste, de mon côté, je me sens comme au fond de l’eau avec une bombonne d’oxygène vide. En apnée toute la journée….à courir dès le réveil jusqu’au coucher.

    Une chose est sûre, je ne serai plus jamais enseignante pour le reste…..

    On verra.

    Flavienne

    • Bonjour Flavienne, je suis vraiment désolée d’entendre ta souffrance que je ne comprends que trop bien. Je suis heurese d’avoir pu t’apporter au moins la preuve que tu n’es pas la seule, loin de là… Moi aussi je pense à la rupture conventionnelle mais je pense prendre la dispo d’abord. On verra. En tout cas, je te souhaite plein de courage et surtout n’hésite pas si tu veux échanger avec moi, je suis là.

  3. Mon dieu que ce texte me ressemble !
    je me retrouve dans chacun de tes mots !
    Même si je suis maman d’un grand garçon (30 ans l’année prochaine), je crois que ce burn out m’est tombé dessus au moment de la séparation d’avec le papa de mon fils !
    Sauf qu’à l’époque BURN OUT n’existait pas !
    C’était une déprime, une dépression comme les personnes qui m’entouraient, aimaient la nommer !
    Encore aujourd’hui , j’avance à flux tendu…
    Surtout ne te remet pas en question, suis ton instinct dans ta reconversion professionnelle !
    Pleins de choses se bousculent dans ta tête et c’est normal !
    Bon en attendant il faut qu’on se prenne ce moment pour discuter…
    A très bientôt
    Marie

    • Bonjour et merci pour ton commentaire. Je suis désolée de lire que tu as vécu la même chose. Je pense que nous sommes malheureusement beaucoup dans ce cas-là… Pas évident de ne pas se remettre en question mais je vais essayer. Avec un immense plaisir pour en discuter avec toi! Fais moi signe et on organise ça!!

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