Je ne connais pas ton nom. Je ne sais pas qui tu es ni d’où tu viens ou ce que tu fais dans la vie.

Je t’ai vue alors que je prenais le goûter dans une boulangerie avec mon fils.

Tu es arrivée, 2 enfants en bas âge te suivaient (un garçon et une fille, pas plus de 2 et 4 ans je dirais?) et tu avais un bébé dans les bras. Je me suis tout de suite dit que tu étais très courageuse de t’aventurer seule avec 3 enfants dans un lieu public. Bravo! Je ne l’aurais pas fait.

Tu t’es installée à la table juste derrière la nôtre. Tu m’as souri.

Vous avez commencé à goûter. Tout se passait bien. Et puis, tu as perdu le contrôle.

Ton fils voulait manger sa gaufre tartinée de chocolat tout seul, comme un grand. Tu n’as pas voulu par crainte sans doute qu’il s’en mette partout. Comment le surveiller avec un bébé dans les bras?

Il a commencé à crier. Tu n’as pas cédé. Il s’est mis à hurler. Tout le monde te regardait. Tu as paniqué. La gifle est partie. Les regards se sont multipliés.

Moi aussi petite maman je t’ai regardée. J’ai vu dans ton regard l’agacement, puis la frustration, la gêne et enfin le trop-plein lorsque la gifle est partie.

Oui j’ai eu mal pour ton fils et j’ai eu envie de venir le consoler. D’ailleurs une employée est venue le faire, sans te faire la morale, juste pour arrêter les pleurs de ton petit qui voulait juste un bout de gaufre.

Mais je voulais te dire, petite maman, que j’ai aussi souffert pour toi. J’ai vu dans ton regard le regret qui s’est installé à la seconde où ta main s’est levée. Tu ne voulais pas en arriver là. Tu n’avais pas l’intention de faire du mal à ton enfant. Tu les aimes tes petits, ça se voyait. Et pourtant, tu l’as giflé.

Certains présents hier auraient voulu t’emmener sur la place publique pour que tout le monde voie à quel point tu es une mauvaise mère. Dans les plus hautes sphères, on a même décrété que la gifle et la fessée étaient illégales. Rends-toi compte! On aurait pu te dénoncer et t’envoyer en prison ou te retirer la garde de tes enfants.

Ils ne savent pas. Ils ont oublié. Ils font semblant de ne pas voir qu’élever des enfants est le métier le plus dur au monde.

Oui bien sûr tu n’aurais pas dû gifler ton fils. Il y avait sûrement plein d’autres moyens de calmer la situation. Mais tu as perdu pied, en une seconde.

Et tu sais quoi? Tu n’es pas seule. Tous les parents ont un jour eu un geste qu’ils regrettent: une fessée, une gifle, une remarque. Peut-être que nos enfants ne nous le pardonneront jamais. Mais peut-être aussi qu’ils sentiront tellement d’amour venant de nous qu’ils guériront.

Alors ne t’en fais pas petite maman. Je suis sûre qu’aujourd’hui déjà tu as passé plein de jolis moments avec tes enfants.

La maternité n’est pas un long fleuve tranquille. Ceux qui disent le contraire mentent.

Prends soin de toi petite maman.

10 Comments

  1. Je n ai jamais touche un de mes deux enfants mais j ai sûrement dit des choses qui les ont blaisse bien plus qu une tape sur les fesses
    Mes parents comme tous les parents de cette génération m ont mis quelques fessées sans pour autant être maltraitants. Faut juste faire la part des choses.
    Je trouve tous les commentaires bien rigides et tranchés sur cette gifle sûrement malheureuse (et aucun rapport avec une femme battue).
    Nous sommes à l époque de l’éducation positive ou on explique, on parle … mais jamais on ne tranche. Nous passons l enfant au même plan que nous mais cela me paraît impossible de part son inexpérience ne serait ce. J aurai tant de chose à dire sur cette façon d éduquer qui met à mal l enfant ; plus jamais frustré il est et je pense que nous avons besoin de frustration pour justement avoir et savoir arrêter une action vive , une action sur le fait ….
    Lorsque je lis que cette dame ne devait sortir avec ces 3 enfants dont un en bas âge et prendre un goûter en public, non mais n importe quoi j ai envie de dire… pourquoi cela ne se passerait pas bien ? Et si elle avait eu moins de regard sur elle peut-être que ce geste n aurait pas eu lieu.
    Je suis d accord avec vous…. blabla etc et avec vous également pour dire petite maman tient bon il y a des jours sans et d autres plus agréable.

    • Merci pour ton commentaire! Tu ne seras pas étonnée de m’entendre dire que je suis de ton avis! Donc merci!

  2. Tu te montres solidaire après coup (c’est le cas de le dire)… mais avant que la situation ne dégénère, tu faisais quoi ? Quel est l’intérêt de rédiger une telle publication sachant que la mère ne la lira probablement pas, si ce n’est de justifier l’utilisation des VEO ?

  3. Le conjoint a frappé sa femme en public. Ben oui, elle n’arrivait pas à tenir ses enfants, qui n’obeissaient pas et faisaient le cirque au resto. Le pauvre, je l’ai vu dans son regard. Il a regretté à l’instant même mais c’était trop tard. Après tout, ce n’était qu’une gifle. Et pourtant, la plupart des gens auraient aimé t’humilier en place publique pour ce que tu as fait ! Ne t’inquiète pas, cher mari de cette dame, je ne t’en veux pas. Je sais combien le mariage peut être difficile. Et je suis sûre qu’après cela, tu as passé de très jolis moments avec ta femme, que tu aimes sûrement plus que tout. 🤔

  4. Les consequences de ces gestes sont tellement destructrices qu’on comprend que c’est difficile de ne pas craquer, surtout quand on a été élevé ainsi. Néanmoins.s, reconnaître qu’on peut blesser son enfant . Une gifle est dangereuse. Elle peut entraîner des problèmes auditifs voir même cérébrales. J’ai juste envie de dire que si vous arriver à frapper quand vous craquez c’est que vous avez dû subir de nombreuses violences quand vous étiez enfant. Et en parler , avoir de l’empathie pour votre enfant intérieur peut vous aider à ne plus reproduire ce geste. Je pense que la plupart des français ont un long travail à faire sur leurs souffrances d’enfant pour ne plus voir cela dans les parcs .

    • “Une gifle est dangereuse. Elle peut entraîner des problèmes auditifs voir même cérébraux.”

      Oui enfin elle a pas jeté son enfant contre un mur non plus… On ne parle pas de battre son enfant tous les jours, mais d’UNE gifle, qu’elle a de toute évidence regrettée instantanément et donc probablement jamais renouvelée. Je me suis pris aussi au moins une gifle, enfant, et mes oreilles et mon cerveau vont très bien, je vous remercie (la preuve, je sais accorder l’adjectif avec le nom). Et jamais je ne qualifierais mes parents de maltraitants.

      Le problème avec la grande mode de l’éducation bienveillante, c’est que tout est tout noir ou tout blanc, plus personne n’est capable de la moindre nuance. Je suis évidemment contre les gifles et toute forme de châtiment corporel (je vous vois venir), cela n’empêche pas de reconnaître que l’on est humain. Et les personnes qui ont été victimes de véritables violences corporelles n’aimeraient certainement pas non plus tous ces amalgames.

  5. Bonjour,
    Je tenais à vous préciser qu’on ne va par en prison pour une gifle. La loi qui a été votée est civile et non pénale.
    D’autre part, cette maman aurait été avec ses parents séniles, qui aurait agi de la même façon que cet enfant et auraient reçu une claque en retour, seriez-vous en train de la “déresponsabiliser”?
    En effet, le métier de maman est dur (j’ai deux enfant de 5 et 8 ans) mais un changement de regard vis à vis de l’enfant est nécessaire! Je vous invite à consulter le site http://stopveo.org/ pour en connaître un peu plus sur cette fameuse loi et sur les conséquences des VEO.
    Bonne journée à vous

  6. Non, tout simplement non.
    Il n’y a pas de situations plus excusables que d’autres pour justifier la pratique des VEO.
    Le commentaire : « Oh mon dieu une gifle quelle catastrophe, c’est de la maltraitance et blablabla” me déplaît car comme dans chaque cas de maltraitances, il y a forcément une première fois qui amène une seconde et un cercle infernal s’installe.
    Pourquoi cette maman s’est aventurée avec 3 bambins, dont un tout petit, prendre le goûter à l’extérieur sans accompagnement ?
    L’accident était pratiquement inévitable. S’il on peut éviter les situations à risques, alors soyons prudents!!
    Il s’agit de nos enfants.
    La petite gifle sera malheureusement ancrée dans la mémoire du petit garçon.
    Et ça, c’est triste…

  7. Je serais étonnée que tu ne subisses pas quelques foudres puisque “Oh mon dieu une gifle quelle catastrophe, c’est de la maltraitance et blablabla”… Mais comme tu le dis justement, je crois que lorsque l’on en arrive là, on a surtout besoin de réconfort et de compréhension que de critiques et de culpabilisations – le genre de truc que les mamans font très bien toutes seules, pas besoin d’en rajouter une couche, merci.
    D’ailleurs je pense sincèrement que les mots et certaines attitudes marquent bien plus qu’une fessée voire qu’une gifle au final…
    Donc, MERCI et bravo pour cet article, si j’osais je dirais que c’est couillu – ah bah j’ai osé, tiens 😉

    • Merci beaucoup! Je ne sais pas si je suis courageuse. Je pense que je suis honnête et qu’il serait bon que les gens le soient de temps en temps 🙂 Je te dirai si le temps tourne à l’orage et si je subirai la foudre!!

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