Ah la fête des mères, ses colliers de nouilles, ses vases en pots de yaourt, ses tonnes de bouquets de fleurs…. que du bonheur! A priori, rien à redire sur cette fête qui célèbre les personnes les plus importantes de la terre (en toute objectivité bien sûr). Et pourtant, on entend de plus en plus de voix s’élever contre cette fête jugée patriarcale et archaïque, un peu à l’image de la journée de la femme.

A l’origine

La fête des mères n’est pas née lors d’une réunion marketing de chez Interflora malgré ce qu’en pensent certains. Je vais passer sur les origines dans la mythologie grecque (qui célébrait la fertilité de ses déesses) ainsi que sur les points de vue des religions. La version de la fête des mères telle que nous la connaissons nous vient surtout des États-Unis où en 1907, Anna Jarvis lance une campagne en l’honneur de sa mère décédée 2 ans auparavant. Anna Jarvis s’impliqua toute sa vie pour faire de cette fête “une journée d’affection et non de profit”.

Anna Jarvis, Wikipedia

Elle protesta d’ailleurs contre l’adjonction d’un bouquet d’œillets sur un timbre postal célébrant le jour de la fête des mères, ce qui marqua le début du lien étroit entre cette fête et la vente de fleurs…

En France, c’est pendant la Première Guerre Mondiale que l’idée prend réellement forme en découvrant le Mother’s Day américain et elle fut instaurée en 1920 célébrant à l’époque les mères de familles nombreuses seulement. On attribue souvent la création de la fête des mères au Maréchal Pétain, ce qui n’aide pas à lui rendre une image super positive, hein! Mais en fait, il a simplement donné l’impulsion pour la rendre plus officielle et répandue. L’idée était bien sûr de relancer la natalité afin de contrer les effets néfastes de la Première Guerre Mondiale.

L’origine de cette fête en France est donc bien marquée par une certaine pression (ou pression certaine) faite aux femmes pour procréer et repeupler le pays.

Une fête purement commerciale aujourd’hui?

Il y a quelques jours, je me trouvais dans une parfumerie et j’y ai vu beaucoup de messieurs en train d’acheter du parfum. Il y a fort à parier que ces flacons étaient destinés à leur bien-aimée afin de célébrer le plus beau rôle de leur vie. Je ne suis pas une ingrate ni une anti-capitaliste et bien sûr c’est toujours agréable de recevoir un cadeau. Mais lorsque je les ai vus acheter ces parfums, je me suis demandé si c’était vraiment ça, l’esprit de cette fête.

Il suffit de feuilleter un magazine, d’écouter la radio ou bien de surfer sur Internet pour se rendre compte que la fête des mères est une manne financière. Je n’ai pas pu trouver de chiffres mais j’imagine que c’est une des fêtes les plus lucratives pour les parfumeries et les fleuristes.

Personnellement, je n’aime pas recevoir de cadeau purement commercial. J’aime les cadres en pâte à sel et les poèmes inventés par Junior, pleins de fautes d’orthographe et tout raturés. Ils valent bien plus que tous les flacons de parfum réunis. Cela m’amène à réfléchir sur les cadeaux que je suis tentée de faire à ma propre maman. En vieillissant, on a tendance à aller vers l’option de facilité. Et si on revenait à des choses plus simples comme partager un moment de complicité ou bien juste lui dire qu’on l’aime, tout simplement?

Fête obsolète?

Cette critique est celle que l’on entend de plus en plus je trouve. En effet, la société a beaucoup évolué depuis 1920 et la modèle familial ne ressemble plus toujours à ce qu’il était auparavant. Les familles monoparentales sont de plus en plus nombreuses, les belle-mères de plus en plus présentes (on les fête ou pas?) et bien sûr, certains enfants ont 2 mamans ou pas de maman du tout.

Dans les écoles publiques, on a tendance à faire disparaître la fête des mères et des pères afin de ne pas blesser les enfants qui n’en ont plus. C’est l’ère du politiquement correct. Faut-il en faire de même dans la société? Le débat est ouvert.

Une pression supplémentaire?

Vous le savez si vous avez déjà parcouru mon blog, je dénonce toutes les formes de pression exercée sur les femmes. J’en parle notamment dans mon article Vis ma vie de femme: entre pression et culpabilité.

On l’a vu, à l’origine, cette fête a bien été créée ou en tout cas développée pour encourager les femmes à faire des enfants afin de repeupler la France. On peut se dire que c’était légitime à l’époque mais qu’en est-il aujourd’hui? Est-ce toujours indispensable? Derrière cette fête, n’y a-t-il pas effectivement, ce message réducteur et archaïque de la femme en tant que procréatrice? Une femme qui n’est pas mère n’existe pas? Oui, vous allez me dire que la journée de la femme existe mais on sait tous que le message n’est pas aussi fort, pas aussi affectueux.

Comme d’habitude, loin de moi l’idée de proposer un point de vue catégorique sur le sujet. J’ai juste envie de vous faire partager mes doutes et mes questionnements. Je ne suis pas une extrémiste et ce 26 mai, je serai la plus heureuse de voir mes garçons m’offrir leurs cadeaux, encore en âge d’être émus et fiers de leurs fabrications personnelles ou élaborées avec leur papa Jules. Mais je pense que je vais lutter pour garder cet esprit le plus longtemps possible et le jour où ils m’offriront un cadeau sans âme, je leur dirai (gentiment) que ce n’est pas la peine et que je préférerais juste passer du temps avec eux, tout simplement.

Histoire de rendre hommage au beau message d’ Anna…

2 Comments

  1. Ici point de fête des mères ou de fête des pères. Le côté commercial de cette fête (en tout cas c’est ce qui domine aujourd’hui) me rebute beaucoup. Aujourd’hui, on choisi ou non d’être parent, donc je trouve qu’il n’y a pas grand chose pour nos enfants à célébrer en particulier. Je préfère qu’ils me montrent leur amour et leur affection tout au long de l’année … s’ils le souhaite ! Cette journée où ils doivent le faire obligatoirement, de manière forcée, ça ne me tente pas vraiment.

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