Devenir maman (et papa aussi bien sûr) change une vie de manière radicale. Lorsque ce petit être encore tout fripé pose pour la 1ère fois son regard dans le vôtre, vous comprenez enfin le sens du mot responsabilité.

Quel perfectionnisme?

Je ne suis pas une mère qui veut que ses enfants soient parfaits. Je n’exige pas qu’ils soient les premiers de leur classe ni qu’ils excellent dans leurs activités. Absolument pas. Je ne veux pas qu’ils soient parfaits mais le problème c’est que j’aimerais que tout soit parfait POUR eux, nuance. A commencer par moi.

Origines de mon perfectionnisme

J’ai toujours été très exigeante avec moi-même. Cela vient en grande partie de mon éducation mais je sais aussi que cela fait partie de moi, je suis née comme ça. Je suis persuadée que nous avons tous une forte part de notre personnalité qui est de l’ordre de l’acquis comme je l’explique dans mon article Personnalité des enfants, innée ou acquise?  Je suis ma pire ennemie et je ne laisse rien passer. Et encore, j’ai fait des progrès!

Mais je pense qu’il n’y a pas que cela. La société met une pression énorme sur les femmes au quotidien. Il n’y a qu’à voir les publicités montrant des corps de femmes absolument parfaits, sans un brin de cellulite. Toutes les photos sont retouchées, nous le savons tous mais peu importe, le mal est fait. Je vous passe les articles dans la presse féminine sur les régimes et autres huiles amincissantes qui fleurissent à chaque printemps (voir mon article Vis ma vie de femme: entre pression et culpabilité)

Malheureusement, la pression exercée sur les mères n’est pas en reste, bien au contraire. Dans tous les médias et surtout sur les réseaux sociaux, l’image de la mère parfaite se présente à nous. En vrac, vous avez:

  • La mère qui vient de donner naissance à son enfant et qui exhibe fièrement ses tablettes de chocolat (pas celles du placard bien sûr) 2 mois après. Hello Caroline!
  • La mère qui allaite ses triplés sans se plaindre, sourire aux lèvres et qui dit qu’elle n’a jamais été aussi épanouie.
  • La mère qui sort de la maternité, brushing parfait, robe ajustée. Hello Kate!
  • La mère qui a sa maison toujours impeccablement rangée. Pas un jouet qui dépasse. Pas une tache sur le canapé en cuir design.
  • La mère qui travaille à temps plein mais qui arrive à passer du temps de qualité avec chacun de ses enfants en leur proposant des activités artistiques éducatives tirées de l’enseignement Montessori tout en préparant de bons petits plats bios tous les jours et qui le soir venu, n’oublie jamais d’enfiler une petite nuisette sexy pour continuer à séduire son mari après 10 ans de mariage.

Liste non exhaustive…

Quels sont les risques?

Être une maman perfectionniste est dangereux pour la santé.

Cela devrait être écrit sur tous les paquets de couches (quand vous en prenez une et que vous culpabilisez de ne pas prendre de couches lavables), sur les boîtes de lait (quand vous vous sentez mal de ne pas allaiter) et à l’arrière de vos portables (quand vous autorisez vos enfants à jouer à Candy Crush).

Les risques sont multiples.

Si vous n’arrivez pas à relâcher la pression, vous risquez un jour de connaître Mr Burnout. Bon, il est sympa au final car il vous apprend pleins de trucs (voir mon article Pourquoi je veux dire merci à mon burnout) mais quand même, c’est mieux si vous ne faites jamais sa connaissance, croyez-moi.

Si vous vous comparez à toutes ces mères soit-disant parfaites dont je parle plus haut, vous allez vous sentir bien seules et vous aurez l’impression que vous y arrivez moins bien que les autres. J’en parle dans l’article sur la Solitude des mamans.

Mais ce qui m’a vraiment fait prendre conscience que je devais me remettre en question a été de me dire que je faisais du mal à mes enfants. Là est le côté paradoxal: à force de vouloir que tout soit parfait, on obtient le résultat inverse. Alors que tout part d’un sentiment honnête et bienveillant, le risque de faire souffrir ses enfants est bel et bien présent malheureusement.

Les enfants sont des éponges à émotions. Ils ressentent la pression que l’on peut exercer sur eux mais surtout ils ne vont pas bien si nous, les parents, n’allons pas bien. Et comment être heureux alors que nous nous mettons des objectifs inatteignables?

Les solutions

Il faut apprendre à lâcher prise. Je ne suis pas une psy, ni une experte en développement personnel. J’ai juste envie de vous donner quelques astuces que j’essaie d’appliquer dans ma vie.

Arrêter de se comparer: on l’a vu, se comparer aux autres ne sert à rien. Si elles sont vraiment parfaites, tant mieux pour elles! Mais la plupart du temps, tout ça est ‘fake’. Les gens disent bien ce qu’ils veulent et choisissent de ne parler que du positif. Une fois les portes de leur maison fermées, êtes-vous vraiment sûre que tout se passe vraiment comme ils le disent?

Apprendre à se contenter: lorsque je suis allée voir une psy après mon burnout, elle m’a donné ce conseil: “arrêtez de viser les 100%, les 80% suffisent”. Au début, j’ai eu beaucoup de mal à comprendre ce qu’elle voulait dire car pour moi il était inconcevable de se contenter d’un résultat moyen alors que je pouvais faire mieux. Et puis j’ai compris. Maintenant, je ne refais pas mes cours 20 fois (je suis enseignante) . J’arrive à me faire confiance. Je suis prête, j’ai de l’expérience. Et ça marche. Je suis même plus sereine devant mes étudiants et j’ai plus d’énergie à leur offrir. Même chose à la maison. Le ménage n’est pas fait parfaitement? Pas grave. L’important est d’offrir un cadre de vie propre aux enfants mais si ce n’est pas PARFAITEMENT propre, tant pis!

Relativiser: Si le frigo n’est pas tous les jours remplis de produits frais, ce n’est pas grave. Je ferai les courses le lendemain. Les enfants se tachent alors que je les avais prévenus 10 fois de faire attention? Les lessives fonctionnent très bien au 21ème siècle. Il est important de faire la part des choses entre ce qui est grave et ce qui ne l’est pas. Tout comme il faut lâcher prise sur ce que l’on ne peut pas changer.

Faire des listes: lorsque je me sens débordée, je fais une liste de toutes les tâches que je dois accomplir et cela me permet de voir 1. si c’est réalisable sur une période donnée et 2. de mieux répartir si tel n’est pas le cas. Ensuite, je barre dès que l’action a été accomplie. C’est tout bête mais ça marche plutôt pas mal. Et quand je doute de moi et que je redeviens ma pire ennemie, je fais une liste (souvent juste mentale) de mes qualités en tant que maman. Je ne suis pas parfaite mais j’ai fait quand même quelques trucs pas trop mal! Et si ça ne marche toujours pas, je regarde mes enfants et je vois qu’ils sont bien dans leurs baskets. Alors je me dis que ça va, que je ne fais pas trop du mauvais boulot.

La morale de l’histoire

La morale de l’histoire c’est de vous rappeler que je ne suis pas parfaite alors cet article n’est pas parfait!

Blague à part, je vais mieux côté perfectionnisme. Et par conséquent, je vais mieux tout court. Je me sens plus apaisée, plus épanouie. Et mes enfants vont mieux aussi. Cela est sûrement dû à un ensemble de facteurs mais ça en fait partie. J’ai appris à lâcher prise sur certains points. L’autre jour, j’ai laissé jouer Numérobis à un jeu sur mon portable dans la salle d’attente alors qu’avant j’aurais insisté pour qu’il fasse autre chose et j’aurais ainsi dû l’entendre me supplier toutes les 5 secondes de le laisser jouer avec mon portable. Je serais rentrée épuisée et énervée. Option de facilité? Oui sûrement. Mais il a joué 10 minutes, il était heureux, moi j’ai pu lire le dernier magazine people (il s’en passe de trucs, c’est dingue!) et le soir tout le monde était apaisé et nous avons pu passer un vrai moment de qualité, hors écran.

Et puis vous savez quoi? La police n’est même pas venue m’arrêter pour faute grave de parentalité pourrie! Alors…


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