Mon cerveau est constamment en ébullition, pas de bouton off. Ma charge mentale à moi est d’ordre personnel, je me l’impose à moi-même, pas parce que je suis une femme mais parce que c’est ma personnalité. D’ailleurs mon fils aîné semble prendre la même direction avec un cerveau (masculin) constamment allumé !

Définition de la charge mentale dont on parle le plus :

La charge mentale a été définie pour la première fois par Monique Haicault en 1984 et se définit par le fait de devoir penser simultanément à des choses appartenant à deux mondes séparés physiquement. Par exemple, la maman au travail qui pense à ce qu’elle doit faire le soir en rentrant

(Tiens, tiens, c’est marrant, on prend tout de suite l’exemple d’une maman qui travaille… )

L’idée de cet article m’est venue lorsque j’ai vu la création d’un compte Instagram sur ce sujet.

https://www.instagram.com/taspensea/

Je suis toujours en faveur de faciliter la parole des femmes sur ces sujets sensibles alors je suis allée voir. Et là, le choc ! Lorsque j’ai vu les exemples affichés sur le compte, je n’arrivais pas à croire que des situations de ce genre existaient encore au 21ème siècle.

Voici des exemples :

« Pour moi, la charge mentale c’est quand mon copain s’est retrouvé devant la plaque de cuisson sans pouvoir l’allumer. Cela fait 3 mois qu’on habite dans cet appartement ! »

« Pour moi la charge mentale c’est quand je prépare les vêtements de notre fils la veille pour ne pas être réveillée par le papa qui ne sait toujours pas comment l’habiller. Il a 4 ans »

« Pour moi, la charge mentale c’est quand je rentre du boulot à 20h et que je dois vider le lave-vaisselle alors qu’il est sur le canapé »

Ce compte a près de 20 000 abonnés au moment où je vous parle et à chaque fois, des centaines de femmes laissent des commentaires pour dire qu’elles vivent exactement la même chose.

Entendons-nous bien, je ne juge personne et je n’ai pas de « solutions » à donner à ces femmes.

J’ai lu le très bon article d’Eloïse, auteur du blog Doublerose, La vraie charge mentale, c’est de ne pas avoir le choix, dans lequel elle explique à quel point elle n’en peut plus d’entendre les gens suggérer aux femmes d’oser demander à leur conjoint de les aider. Comme si c’était leur faute ! Effectivement, dit comme ça, ce n’est pas acceptable. Mais je ne peux m’empêcher de penser que nous avons peut-être notre rôle à jouer dans tout ça malgré tout

Notre rôle à jouer?

Beaucoup de femmes culpabilisent de ne pas travailler autant que leur mari donc, pour compenser, elles s’occupent plus des tâches ménagères  ou des enfants. La société attend ça d’elles aussi. Elles sont « formées » pour dès le plus jeune âge. (cf mon article sur le sexisme ordinaire)

J’ai eu tendance à faire ça et parfois, il m’arrive encore de culpabiliser quand j’ai l’impression de ne pas en faire assez à la maison, quand le linge s’entasse ou quand le frigo est vide. Mais depuis mon burnout (cf Pourquoi je veux dire merci à mon burnout) je me donne une petite tape (je ne vous dis pas où !) dès que je commence à ressentir cela.

Jules et moi avons 2 situations professionnelles bien différentes au niveau des heures. Jules rentre beaucoup plus tard que moi. Mais vous savez quoi ? Parfois, quand il rentre à la maison à 20h, le dîner pour lui n’est pas prêt : eh oui, si j’ai eu une journée fatigante au travail et que les enfants ont été pénibles, j’ai le droit d’être épuisée et de me mettre sur le canapé une fois les garçons couchés.

Jules ne m’en veut pas, il sait que je ne fais pas « rien », que concilier vie professionnelle et familiale est très difficile. Et miracle, Il n’est pas encore mort de faim car il sait se faire cuire des pâtes ou allumer un four ! D’ailleurs il fait mieux à manger que moi. Chez nous, les tâches ménagères sont partagées et je dirais même que Jules en fait peut-être un peu plus. Quant au reste (organisation générale, factures, RDV…) c’est aussi bien réparti. Je n’ai pas l’impression qu’il ait envie de demander le divorce ni qu’il soit en souffrance. Si certaines choses ne se font pas, eh bien tant pis ! L’un de nous le fera plus tard. Nous nous faisons confiance et nous essayons aussi de faire la part des choses entre ce qui est urgent et ce qui ne l’est pas…

J’ai beaucoup de chance de l’avoir, j’en ai bien conscience (désolée les filles, il est pris !!) mais je n’aurais jamais supporté d’être avec quelqu’un de dépendant, sans aucune autonomie. J’ai eu la chance d’être élevée par une femme qui m’a toujours dit d’être indépendante et de gagner ma vie. Elle m’a aussi répété que la place d’une femme n’était pas dans une cuisine avec une casserole dans la main gauche et un balai dans  l’autre main. Jules et moi essayons d’inculquer cela à nos garçons au quotidien. Nous refusons d’en faire de futurs hommes assistés et machos qui ne participeraient pas aux tâches ménagères. L’avenir nous dira si Jules et moi avons réussi… (cf mon article Comment élever un garçon quand on est féministe)

Je sais que certaines vont être furieuses en me lisant, qu’elles vont dire que c’est bien beau mais que la situation n’est pas prête de changer, que je donne une leçon de morale en carton… Encore une fois, mon souhait n’est de blesser personne. Je souhaite juste faire le constat d’une notion qui me dépasse. Je pense que beaucoup de femmes « acceptent » cela par peur d’être quittées ou bien parce qu’elles pensent que la société attend cela d’elles.

Mais je pense (et j’espère) que c’est faux et qu’une autre voie est possible…

Pour aller plus loin, je vous conseille ce très bon article du blog Mademoizelle, La charge mentale concernant les tâches ménagères, qui offre quelques pistes de réflexion.

10 Comments

  1. MumChérie Reply

    Merci pour ce bel article ! De mon côté, je fais plus de choses domestiques que mon mari car j’ai adapté mon temps de travail pour cela, et au final tout s’équilibre au niveau du couple (il est beaucoup en déplacement et rentre tard, mais participe quand il est là, souvent sur des domaines différents que ceux du quotidien que j’ai pris l’habitude de gérer). Je trouve fatiguant tout de même d’avoir ce poids de penser à tout… mais c’est notre équilibre, à définir et redéfinir selon chaque situation et au fil du temps !

  2. Pingback: Florilège de la blogosphère [10.12.18] – Chez Lorette

  3. Très bon article (attend toi à être mise en avant dans ma prochaine sélection de blogs 😉 )

  4. C’est ce qui me dérange dans ce concept tant porté aux nues aujourd’hui… La culpabilisation sous-jacente des hommes, et l’idée qu’on a rien à se reprocher. Dans la réalité la balance n’est pas aussi penchée je crois – d’une, parce que TOUS les hommes ne sont pas des glandeurs, loin s’en faut ; et d’autre, parce qu’il faut bien avouer que parfois, nous sommes – ne serait-ce qu’inconsciemment – satisfaites de faire certaines tâches à notre manière, et avons du mal à “lâcher du lest” sur celles ci en les déléguant ou en acceptant d’autres manières de les faire. Nous aimons aussi, parfois, cette part de contrôle qui passe par les tâches domestiques… Évidemment ce n’est pas toujours le cas non plus, mais bon, l’idée c’est surtout que c’est plus nuancé que ce que l’on voit souvent circuler dans les médias, et notamment sur ce compte.

    • Oui tu as tout à fait raison. Il faut vraiment nuancer ce concept et ne pas diaboliser tous les hommes. Maintenant, très souvent, ils participent activement aux tâches ménagères et parler autant de la charge mentale n’est pas très flatteur pour eux…

  5. Ce que ça m’a fait du bien de lire cet article! J’y ai trouvé toutes mes pensées 😁
    Merci à toi d’avoir si bien rédigé ça!
    Effectivement tout est une d’éducation. Et puis la vie d’une femme ne se limite pas aux tâches ménagères y en a vraiment assez de voir ça de nos jours! Je suis pour le partage des tâches je pense que c’est une évidence !!!!! On vit ensemble tu mets la main à la pâte et non je n’ai pas à te remercier car c’est aussi ton devoir!

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