Aujourd’hui j’ai envie de parler d’un sujet qui me tient à cœur et qui aurait tendance à m’obséder, moi l’hypersensible dont le cerveau n’a pas de bouton off.

On entend parfois des personnes dire ce genre de phrase:

‘Mmmph (prendre l’air renfrogné)! Leur enfant ne fait pas ses nuits. Pas étonnant!’

ou bien

‘Non mais tu as vu comme leurs enfants sont énervés! En même temps, les chiens ne font pas des chats’.

J’ai pu voir ici et là des articles sur des blogs traitant de ce sujet et disant clairement que oui, les parents avaient les enfants qu’ils méritaient (cf article de Maman Pavlova Avons-nous les enfants que l’on mérite ? ou bien encore celui de Mon Papa est un Geek ici ). Ces personnes nous expliquent que si leurs enfants sont biens dans leurs baskets, équilibrés, heureux, polis et faisant bien leur nuit, c’est grâce à eux.

Plusieurs réflexions me viennent à l’esprit.

Définition du mérite

Tout d’abord, le terme ‘mériter un enfant’ me dérange fortement.  Voici la définition de ce verbe:

Être, par sa conduite, en droit d’obtenir (un avantage) ou exposé à subir (un inconvénient).
Mériter l’estime, la reconnaissance de qqn.
Cela voudrait donc dire que certains d’entre nous ont droit à avoir des enfants sages et respectueux et pas d’autres?  Au nom de quoi? Un enfant se mérite-t-il? Devons-nous payer un prix si nous ne sommes pas de belles personnes? Ou pire: si ça se trouve, on a eu des vies antérieures pendant lesquelles on n’a pas été sympas du tout (genre méchants pirates sanguinaires) et maintenant on se retrouve punis! Bon, OK, je m’éloigne un peu mais vous avez l’idée!
Et la personnalité des enfants, on en fait quoi?

Un enfant = un être humain avec sa propre personnalité, ses qualités, ses défauts. Avant de devenir maman, je dois avouer que moi aussi je pensais que les parents étaient responsables à 100% de ce que devenaient leurs enfants. Enfant parfait? Bravo, tape sur l’épaule de papa et maman. Youpi. Enfant horrible? Bouh, pas bien. Cul nu place publique (oui je sais j’utilise souvent cette image… J’en parlerai à ma psy).

Mais à présent que j’ai 2 garçons, ma croyance d’avant me fait bien rire. Déjà dans mon ventre, ils étaient complètement différents et je devinais leur personnalité. Junior était nerveux et joueur alors que Numérobis était très câlin et calme. A peu de choses près, c’est ce qu’ils sont devenus.

Nous les élevons de la même manière. Bien sûr, nous devons bien faire des différences sans nous en rendre compte, nous ne sommes pas des robots. Et puis nous apprenons. Donc certaines maladresses faites avec Junior ont pu être corrigées. Mais dans l’ensemble, nous tenons le même cap. Et pourtant, nos 2 garçons sont tellement différents!!

Culpabilité encore et toujours

De penser ou de dire des phrases du genre ‘on a les enfants que l’on mérite’ remet une couche sur le gâteau déjà bien rempli des parents, vous savez celui au parfum “pression sociale“.

Personnellement, je culpabilise sans arrêt (je pense que vous l’avez compris depuis un petit moment). Mais vous ne savez peut-être pas pourquoi. J’ai commencé ce blog pour partager de manière honnête alors je vais continuer.

Nous avons de réelles difficultés avec Junior. Nous avons du mal à communiquer. C’est un petit garçon très nerveux (il se ronge les ongles tout le temps, il a souvent mal au ventre). Il a toujours été très dur et surtout avec moi. Nous essayons, Jules et moi, de le comprendre, de dialoguer, de le soutenir mais parfois il va trop loin. Nous vivons de réels moments pénibles et notre vie familiale en souffre. J’en reparlerai je pense prochainement.

Alors, oui je me remets en question (et je sais que Jules aussi mais je ne parle pas pour lui ici). Je me demande ce que j’ai fait de mal, tout le temps, constamment. Je repense à ce que j’ai fait, à ce que j’ai dit. Souvent, me viennent en tête des pensées du genre “c’est bien fait pour toi” parce que justement  la société véhicule des inepties comme ‘on a les enfants que l’on mérite’.

Ce genre de pensée pouvait être toléré avant, lorsqu’il n’y avait pas encore eu toutes les avancées au niveau psychologie de l’être humain. Mais maintenant on sait que ce n’est pas si simple: il y a la personnalité de l’enfant, les relations sociales et puis aussi la façon de naître. On peut même rajouter le poids des ancêtres! Alors simplifier tout ça en disant ‘c’est la faute des parents’ me paraît trop simpliste.

Bien sûr que certaines actions de notre part ne vont pas aider et il est évident que le type d’environnement dans lequel les enfants vont grandir sera plus ou moins épanouissant.

Mais s’il vous plait, ne dites plus ce genre de phrases. Encore une fois, le mot d’ordre ne serait-il pas “bienveillance”?

Pssst! Merci d’avoir lu cet article! Vous avez encore 5 minutes? Je participe à un concours de nouvelles pour lequel j’ai besoin de vos votes. Vous trouverez ci-dessous les liens pour aller voter! Un petit geste pour vous mais pour moi, un immense rêve!!!! Merci par avance!!

La motivation de la lettre

Soeurs

7 Comments

  1. Bonjour,

    Biensur il existe des millions de fateurs qui font de nous qui nous sommes, en revanche il ne faut absolument pas negliger l’impact parental et c’est en ce sens que je posais la question dans mon article…

    • Hello! Merci pour ton commentaire. Je comprends tout à fait ton point de vue que je respecte profondément. L’impact parental est bien sûr très important mais les expressions comme ‘on a les enfants que l’on mérite’ sont parfois blessantes lorsque l’on traverse des périodes difficiles avec ses enfants… Il faut se remettre en question mais parfois cela n’explique pas tout….

  2. Bonjour,

    Alors oui j’assume mon artcile et je persiste dans ma façon de penser. Je comprends ton point de vue assez différent du miens depuis j’ai un peu évolué sur mon point de vue et il y a des millions de critères qui font qui nous sommes mais les parents y sont pour beaucoup…

  3. Tu l’as peut-être remarqué, j’avais déposé un commentaire nuancé sur l’article de Maman Pavlova. Mon opinion reste la même; l’évolution de nos enfants dépend d’une infinité de facteurs qui sont loin de se limiter à notre comportement envers eux. Plein de choses jouent: la génétique, la façon dont on a vécu la grossesse, notre passé à nous, notre humeur du moment, la place de l’enfant dans la fratrie et j’en passe… J’ai la chance d’avoir une fille plutôt facile: elle est nerveuse mais les vraies crises sont rares et rapides. Elle dort la nuit, elle est peu malade, quand on va quelque part, c’est une crème. Mais c’est une calamité à nourrir, elle est très têtue et écoute peu ce qu’on lui dit si elle n’est pas disposée, c’est une éponge émotionnelle, elle a peur des gens. Cependant, je n’estime pas être à l’origine de tout cela. J’y ai ma part, mais c’est loin d’être la seule conséquence de l’éducation que je lui apporte.

    • Bonjour et merci beaucoup pour ton commentaire. Tu résumes bien ma pensée: oui nous avons notre rôle à jouer que ce soit en bien ou en mal mais ce n’est pas tout!

  4. Je suis d’accord avec toi, dans le sens où ces phrases si tranchées me paraissent trop caricaturales, c’est forcément du cas par cas et ça dépend du caractère de l’enfant… Mais je reste quand même convaincue que la façon dont nous agissons, avec nos enfants ou en général, a un impact sur leur façon d’agir ou de se développer. Si l’on est détendus, on a plus de chances que nos enfants le soient ; si l’on est angoissé, on risque de les “contaminer” avec nos doutes. En revanche, ça ne fait pas tout, et ce serait trop simple et trop restrictif d’imaginer que c’est aussi binaire.

    • Merci beaucoup pour ton commentaire. Je comprends très bien ce que tu dis et tu as raison: nous avons évidemment un impact sur le développement de nos enfants mais comme tu le dis, tout ne peut pas se résumer à cela.

Write A Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.