Lorsque je parle avec d’autres parents, nous sommes souvent démunis face aux réactions de nos enfants. Nous les trouvons trop énervés, jamais concentrés, trop blasés… Et la plupart du temps, nous en venons à comparer notre génération à la leur.

Alors, aujourd’hui, je me pose la question: Est-ce plus difficile d’élever des enfants à notre époque que par le passé?

Je ne suis pas spécialiste, j’ai simplement envie d’apporter mon opinion toute personnelle sur ce sujet.

Les différences

Comme je le disais en introduction, lorsque je parle avec des amis, nous faisons souvent le même constat. Les enfants de maintenant sont bien différents de nous au même âge.

Nous les trouvons

  • plus énervés: la dernière fois que nous avons invité des amis à venir dîner à la maison avec leurs 2 enfants, nous avons vécu l’enfer. Les enfants criaient tellement fort que nous ne pouvions pas nous entendre! Ils couraient partout et il fallait faire attention à chaque seconde pour qu’ils ne cassent rien. Cette situation est identique quand nous organisons des anniversaires à la maison (cf mon article, Pourquoi organiser un anniversaire chez soi n’est pas un jeu d’enfants) ou quand nous invitons des copains à la maison pour une après-midi jeux. Par conséquent, nous redoutons un peu ces moments, surtout l’hiver quand les enfants ne peuvent pas sortir dans le jardin.
  • moins concentrés: les enfants zappent en permanence et ont du mal à rester concentrés sur la même activité très longtemps. Je le remarque moi-même dans mon travail (je suis enseignante): j’ai dû faire évoluer ma pédagogie en proposant un nombre plus important d’activités pendant le même laps de temps.
  • moins respectueux: les enfants osent plus répondre aux adultes, que ce soit leurs parents ou d’autres figures d’autorité, qu’ils connaissent les gens ou non. Je suis sûre que vous avez déjà été scotché (en bien ou non) par une réflexion sortie par un enfant en ayant presque l’impression d’avoir un adulte en face de vous.

Les causes

La place de l’enfant

Attention, je vais jeter un gros pavé dans la mare! Je vais essayer de bien expliquer mon point de vue pour éviter de me faire fouetter en place publique (j’aimerais pas trop, il fait froid).  A mon époque (années 80), la place de l’enfant n’était pas aussi importante que maintenant, que ce soit dans la société ou dans la famille. Il y avait déjà eu une évolution depuis l’après guerre mais un enfant restait malgré tout un enfant. Sa parole n’était pas parole d’évangile. Je me souviens très bien que j’acceptais que les adultes puissent avoir une conversation sans m’y inclure. Je ne comprenais pas tout ce qu’ils disaient et c’était normal.  A présent, quand je vois certains enfants autour de moi, je suis effarée de voir ce qu’ils connaissent sur certains sujets sensibles. Je me demande s’ils ont les capacités pour comprendre tout cela. Et souvent, lorsque je parle avec des amis, leurs enfants viennent prendre part à la conversation. Apparemment je suis la seule gênée. Ils ont l’habitude.

Alors bien sûr qu’il fallait  que les choses évoluent car avant un enfant était presque vu comme un meuble. On ne les considérait pas comme des êtres humains. Mais peut-être sommes nous allés un peu trop loin…

L’éducation bienveillante

Décidément, à force d’aborder des sujets sensibles on dirait que je la veux la fessée en publique!

Si vous traînez un peu sur les réseaux sociaux ou si vous regardez les médias d’un peu plus près, vous avez certainement déjà entendu parler de cette fameuse éducation bienveillante. Des sites comme Cool parents make happy kids cartonnent! Ils nous promettent des solutions miracles pour élever nos enfants sans crier ou perdre patience.

Entendons-nous bien: je suis tout à fait contre l’idée de lever la main contre un enfant, même une fessée me met maintenant mal à l’aise. Mais là encore, n’allons-nous pas trop dans l’autre extrême? Un enfant peut-il vraiment comprendre les limites si elles ne sont pas clairement exposées? Certains parents ont, je pense, peur d’être jugés comme trop sévères et préfèrent ne pas imposer de limites à leurs enfants plutôt que de prendre le risque de se voir traités de tyrans.

Il me vient en tête la mésaventure rencontrée par Picoubulle, une super blogueuse, sur les réseaux sociaux. Elle avait publié une photo une photo de sa fille au coin. La légende de la photo expliquait bien le contexte (grosse bêtise de la petite) et on comprenait que la maman n’était pas heureuse de cette situation mais l’avait jugée indispensable à ce moment là. Cette maman/blogueuse s’est faite fustigée comme une mal-propre sur les réseaux sociaux qui l’ont traité de tous les noms. (Retrouvez son article dans lequel elle revient sur cette expérience sur son blog: Et si on arrêtait le jugement systématique entre parents?)

C’est de cet extrême-là dont je parle. Nous ne pouvons plus rien faire sans être traité de mauvais parents. Est-ce sain pour notre équilibre et celui de nos enfants?

Mes enfants vont au coin et oui, je crie, surtout lorsque la bêtise aurait pu les blesser. ET à force de vouloir être une mère parfaite qui maîtrise tout et qui ne pense qu’au bien-être de ses enfants, je me suis perdue et j’ai fait un burnout…

La société

Nous y voilà: quand on est à court d’arguments, on blâme la société. Bravo Nanou!

C’est vrai que c’est un peu simple mais il fallait bien que j’en parle. Ici je vais faire la différence entre 2 aspects: la société de consommation et les faits divers (je vous explique dans 5 minutes)

Les enfants ont souvent tout de suite maintenant. Bien sûr, il existe énormément de différences selon l’environnement dans lequel l’enfant vit. Les enfants n’ont pas tous les mêmes chances dans la vie, nous sommes d’accord.  Encore une fois, je ne fais pas d’analyse sociologique, juste un constat de mes enfants et des gens de mon entourage.

Un exemple précis: lorsque j’étais enfant et que je voulais regarder la télévision, les émissions pour enfants n’étaient qu’à une certaine heure et pas tous les jours de la semaine. Pas de replay. De nos jours, il est rare que les enfants n’aient pas accès à un écran dès qu’ils le veulent et quand ils le veulent. Exit la frustration et la nécessité d’attendre.

Je parlais des faits divers. Cela va peut-être vous surprendre mais ce que e veux dire par là c’est que nous avons accès à beaucoup plus d’informations qu’avant. Et qui dit informations dit souvent infos terribles à vous glacer le sang (surtout quand on est hypersensible comme moi!).  J’ai commencé à voyager seule à l’étranger à 15 ans en me rendant chez la famille de ma correspondante anglaise. A l’époque pas de réseaux sociaux, simplement un bon vieux téléphone (avec fil!) pour que les parents fassent connaissance avant.  En en parlant avec mes parents, eux-mêmes reconnaissent qu’ils ne savent pas s’ils le referaient à l’heure actuelle, avec tout ce que l’on voit dans les infos. Et moi-même je ne sais pas si je pourrais laisser mes garçons partir seuls à l’étranger à 15 ans.

J’ai l’impression qu’on a plus peur pour eux (cf Les 3 sentiments que l’on découvre en devenant maman).  Les réseaux sociaux, le harcèlement à l’école, l’alcool et la drogue sont plus présents dans les médias et sont rappelés à nous au quotidien.

La vie des parents

Pour nous parents, la vie a bien changé également. Assez souvent, les 2 parents travaillent, ce qui veut dire qu’il sont tous les 2 soumis à une fatigue importante et aussi au stress plus ou moins grand du monde du travail. Donc, le soir, il n’est pas toujours facile d’être totalement disponibles physiquement et mentalement pour ses enfants. Et même si un des 2 parents (plus souvent la femme) fait le choix du temps partiel, la situation reste quand même délicate (cf Le goût amer du temps partiel).

Je pense qu’en général, la vie n’est pas simple de nos jours: pression financière, relations entre les gens plus tendues au travail, moins de solidarité… Les enfants étant souvent des éponges émotionnelles, il y a fort à parier que tout cela a un impact sur leur bien-être.

En conclusion

“C’était mieux avant”

Cette expression fait tout de suite vieille co… sur le retour, je m’en rends bien compte. Je sais  la chance que nous avons de vivre dans notre société et il est bien évident que les enfants méritent d’être écoutés et valorisés au sein de la famille mais aussi de la société.  Nous ne pourrons pas retourner en arrière et c’est sûrement mieux ainsi, mais je me pose juste la question:

était-ce plus simple avant pour nos parents?

Et vous, vous en pensez quoi?

Pssst! Merci d’avoir lu cet article! Vous avez encore 5 minutes? Je participe à un concours de nouvelles pour lequel j’ai besoin de vos votes. Vous trouverez ci-dessous les liens pour aller voter! Un petit geste pour vous mais pour moi, un immense rêve!!!! Merci par avance!!

La motivation de la lettre

Soeurs

 

12 Comments

  1. Merci pour cet article. Je découvre ce blog et suis heureuse de voir que d’autres parents se posent effectivement la question : « pourquoi ça semblait plus simple pour nos parents »
    Pour mes beaux parents, la réponse est surtout dans le fait que les parents d’aujourd’hui ont une pression d’enfer.
    Et ça commence dès les premiers jours à la maternité. Allaitement, ne surtout pas laisser bébé pleurer plus de 10 secondes (ça pourrait lui causer des dommages irréversibles au cerveau 😉). Puis ensuite les check-list dans le carnet de santé (connaît il 3 couleurs à 3 ans ?), la mode de l’education bienveillante et positive en conservant un cadre clair et structurant à tout moment de la journée (même quand tu es épuisée), bref…. tu as bien résumé, le burnout se manifeste rapidement, d’autant plus quand nous-même n’avons pas eu une éducation de ce genre. Certains réflexes persistes même avec la meilleure volonté du monde. Et la culpabilité avec.

    • Merci beaucoup pour ton commentaire et bienvenue sur mon blog! Il est clair que la pression qui pèse sur les épaules des parents d’aujourd’hui est énorme. Je pense qu’avant, on ne se posait pas autant de questions. Certaines sont salutaires et nous ont permis de faire des progrès pour le bien-être de l’enfant mais nous sommes peut-être allés un peu trop loin… A suivre!

  2. Je découvre ton blog et je me reconnais dans tes réflexions (c’est peut être une déformation professionnelle 😉 ). Pour ma part, je suis peut être légèrement obnubilée par le sommeil et l’hygiène de vie, mais j’ajouterais aussi cet aspect là, pour expliquer le comportement des enfants. Beaucoup d’enfants autour de moi n’ont clairement pas un sommeil suffisant/de qualité. Et nos modes de vies, surtout en ville, font qu’on vit de plus en plus enfermés. A l’âge de mes enfants (je suis aussi des années 80), on jouait dans le quartier avec les autres enfants. Aujourd’hui on laisse rarement les enfants jouer “dans le quartier”…
    Je pense qu’il y a clairement de l’éducatif mais aussi qu’en étant attentif à l’hygiène de vie (sommeil, alimentation, dépense physique) des enfants, cela serait plus facile !

    • Merci beaucoup pour ton commentaire qui est très intéressant. Je n’avais pas pensé à cet aspect santé mais tu as tout à fait raison. Lorsque je vois les emplois du temps de certains enfants, je me demande comment ils font mais en fait je pense qu’ils “survivent” au détriment de leur santé sûrement… A bientôt

  3. Je ne sais pas si c’était mieux avant…je suis une toute jeune maman (entendons “récente “) mais la plupart de nos amis ont des enfants (de qqs mois à 14 ans) et nous avons donc vu évoluer nos amis avec leurs enfants . Je remarque aussi que les enfants de certains de nos amis participent à nos conversations d’adultes ou plutôt interrompent nos conversations d’adultes dès qu’ils ont qqch à dire et cela m’interpelle moi aussi. J’ai aussi été élevée dans les années 80 et il ne me semble pas avoir fait cela, sans pour autant avoir eu une éducation stricte. Je remarque aussi que ce n’est pas le cas pour tous les enfants que nous connaissons…sans doute une histoire de limites imposées par certains parents et d’autres qui n’en fixent pas (ou pas assez). Je ne sais pas si je ferais mieux avec mes enfants, j’ai le sentiment que nos amis font tous de leur mieux et que effectivement la vie d’aujourd’hui, notamment la vie professionnelle, est sujette à plus de pression et est aussi plus frustrante (équilibre vie pro / vie privée, égalité homme / femme, être toujours plus performant et productif, etc ). Je crois donc que je ferais aussi de mon mieux suivant ce que je pense être bien pour mes enfants. Ma réflexion autour de la parentalité ne fait que commencer…merci de contribuer à l’alimenter !

    • Merci beaucoup pour ton commentaire. Contente de t’aider sur le chemin de la parentalité qui n’est pas sans obstacles mais qui a heureusement beaucoup de bons côtés!!! Ouf! A bientôt

  4. Je suis assez partagée sur la question. Je comprends et suis d’accord avec certaines choses que tu dis mais pas avec d’autres. Je suis aussi une enfant des années 80 et même si les parents faisaient moins cas de nos interventions, si celles-ci avaient lieu, je trouve aussi qu’aujourd’hui, en tout cas, dans certaines grandes villes, on s’attend à ce qu’un enfant se comporte comme un adulte, en étant calme, silencieux, toujours respectueux (alors que beaucoup d’adultes ne maîtrisent pas cette notion non plus). Je vois surtout ça chez les gens qui n’ont pas d’enfants et ceux qui ont oublié qu’ils en avaient été un. Peut-être qu’ayant un enfant plutôt calme (hormis période de crise d’il n’y a pas longtemps), ma vision de la réalité est biaisée, je ne sais pas. Enfin voilà, je ne sais pas, du coup, si mon intervention te sera utile.

    • Merci beaucoup pour ton commentaire qui est très utile, si si! Je comprends tout à fait que tu ne sois pas d’accord avec tout ce que je dis. Rien qu’en en parlant avec des amis, nous ne sommes pas tous d’accord. Il est vrai que cela dépend aussi des nos enfants et de leur personnalité. Et tu as raison de dire que certains adultes voudraient avoir des enfants parfaits… Encore une fois, les extrêmes ne sont pas bons!

  5. Me myself and I Reply

    Bravo pour cet article et ce courage de dire les choses ! On lit tellement peu ce genre de points de vue (pas politiquement corrects), ça fait du bien de voir qu’il y a encore des mamans sensées 😉

  6. J’aurais pu écrire ces mots, mais en moins bien ;). Je suis tout à fait d’accord avec toi. Un enfant est immature par rapport à un adulte. Ce n’est pas une insulte, c’est juste un état de fait, il doit encore gagner cette maturité. Pour moi, ça passe par une éducation qui impose certaines limites. Oui lorsque mon fils a fait des bétises dans la journée il aura un yaourt au dessert plutôt que le gâteau au chocolat qui était prévu. Oui, lorsqu’il fait des colère il va se calmer dans sa chambre. Mais tout ça uniquement si je lui explique, je le préviens, et qu’il recommence.

    Nous sommes dans une société qui tolère mal la frustration. On veut tout, tout de suite. Alors forcément cela se ressent dans les principes éducatifs en vogue. Il faut aussi garder en tête que les capacités de compréhension de l’abstrait ne sont pas les mêmes à 3 ans et à 8 ans …

    Il ne faut pas oublier non plus que si un enfant peut comprendre quelque chose “intellectuellement”, il peut ne pas avoir les moyens de le faire émotionnellement et cela peut créer chez lui des angoisses. Etant “””haut potentiel””” je sais exactement ce que ça fait.

    • Merci beaucoup pour ton commentaire (et ton joli compliment!). Et merci d’apporter ton témoignage, surtout le dernier point. Je pense qu’en règle général, les enfants sont plus intelligents ou en tout cas considérés comme plus intelligents (car stimulés intellectuellement dès le plus jeune âge) donc on les considère souvent plus vieux qu’ils ne le sont.

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