Si vous êtes déjà venu faire un tour sur mon blog, vous savez que j’ai vécu un burnout. Dans mon article ‘Pourquoi je veux dire merci à mon burnout‘, je parle de tout ce qu’il m’a apporté et je le pense sincèrement. On s’en sort plus grand, plus aguerri et mieux armé.

C’est marrant. Je fais un peu les choses à l’envers. J’ai commencé par le dénouement et aujourd’hui, je me sens enfin prête à parler de cette épreuve, car il s’agit bien d’une épreuve: pour soi mais aussi pour son entourage qui est souvent démuni face à une personne qui s’écroule littéralement.

J’ai intitulé cet article ‘le burnout mixte‘ après avoir lu l’article du blog de Zenopia, ‘Le retour au travail après un burnout‘ dans lequel elle utilise ce terme qui m’a intrigué. On entend parler du burnout au travail et aussi du burnout maternel mais si vous tapez ‘burnout mixte’ sur les moteurs de recherche, vous verrez que vous trouverez peu d’informations.

Qu’est-ce que le burnout mixte?

Pour obtenir un burnout mixte, prenez un soupçon de burnout au travail, une pincée de burnout maternel (ou parental bien sûr), mélangez le tout et tadam! Vous aurez un pot bien pourri: le burnout mixte.

burnout mixte, burnout maternel

Mon expérience

Lorsque j’ai lu ce terme sur le blog de Zenopia pour la première fois, je me suis dit “ah, mais c’est ça en fait! Voilà ce que j’ai vécu!”

Lorsque les premiers symptômes d’épuisement sont apparus, je n’ai pas voulu les voir. Je n’avais plus vraiment le goût à rien, tout me pesait. Je n’avais plus aucun patience avec mon entourage. Je délaissais mon mari et passer du temps avec mes enfants devenait de plus en plus difficile. Mais je me disais que c’était le travail qui était un peu plus difficile que d’habitude. Et puis c’était l’hiver, le manque de lumière, les petites maladies…

Puis les choses se sont accélérées. Je pleurais tous les soirs sans vraiment savoir pourquoi. J’étais triste en permanence, j’avais l’impression d’être dans un tunnel ou sur une poutre, constamment en équilibre précaire et je sentais que la chute était proche. A la fin, je parlais souvent de la pelote de laine noire que j’avais dans ma tête, cette impression que tout était emmêlé et que je n’arrivais plus à trouver le fil sur lequel tirer pour m’en sortir.

Et pourtant, j’avançais. Mon mari me disait bien que je ne pouvais pas continuer comme ça, que j’avais besoin de m’arrêter mais je refusais.

Pourquoi le terme ‘burnout mixte’ aurait pu m’aider?

burnout mixte, burnout maternel

Je refusais de voir les symptômes du burnout car pour moi, ce n’en était pas un tout simplement. Lorsque je voyais des personnes témoigner sur leur burnout, il s’agissait soit de personnes travaillant plus de 50 heures par semaine avec beaucoup de pression et de responsabilités, soit de mères au foyer. Burnout professionnel ou burnout maternel.

Je ne correspondais pas à ces schémas. Je suis enseignante. Certes, le métier de prof est très difficile et prenant mais je sentais que ce n’était pas le travail qui était pleinement responsable de mon mal-être et de dire que je souffrais d’un burnout professionnel me paraissait indécent par rapport à d’autres personnes qui travaillent comme des bêtes (et j’ai un bon exemple à la maison…).

Quant au burnout maternel, là encore, je me disais que ce n’était pas vraiment ça car je n’étais pas une mère au foyer souffrant d’une charge mentale écrasante. Quand je lisais les témoignages de mamans sur internet, je ne me retrouvais pas complètement. Je n’avais pas le droit de me plaindre par rapport à elles.

Aujourd’hui, je comprends enfin que j’ai souffert d’un burnout mixte. J’ai accumulé un épuisement professionnel (à mon échelle, petit à petit) et un épuisement maternel. Tout cela s’est fait de manière lente et pernicieuse.

Si j’avais eu conscience à l’époque que l’on pouvait combiner les 2,  je pense que cela m’aurait aidé à comprendre mon épuisement mais surtout à l’accepter sans culpabiliser par rapport aux autres qui souffraient vraiment à mes yeux (hommes et femmes d’affaires, médecins… et mères au foyer).  Je me disais que je n’avais pas le droit de me plaindre par rapport à eux.

On sait tous que de mettre des mots sur des maux aide déjà à guérir. Lorsqu’on comprend de quoi on souffre, cela permet d’avancer plus vite, de trouver les bons remèdes. On se sent moins seul, plus crédible. On souffre de quelque chose qui existe et qui est reconnu. On a le droit…

Peut-être souffrez-vous d’un burnout mixte? Sachez que cela existe et que vous n’êtes pas seul(e).

 

 

7 Comments

  1. bonjour,
    Je suis très touchée par votre post et vos commentaires. Cela fait plus d’un an que j’ai cette impression de tunnel, de poids sur mes épaules, de ne plus avoir goût à rien, de devoir m’arracher du lit, de ne plus avoir envie. je suis un robot zombie qui exécute. oui, je me reconnais: trop de pression au boulot et devoir de résultat dans une mauvais ambiance, trop de trajets stressants, un enfant en bas âge qui demande beaucoup d’attention car le père est rarement là. ma question est: comment on s’en sort? comment on fait pour ne plus s’effondrer et pleurer le soir? comment on reprend goût à la vie alors qu’on a la tête sous l’eau et qu’on a l’impression de s’enterrer chaque jour un peu plus? j’ai vu une psy, deux fois, ce n’est pas pour moi. mon généraliste ne m’a prescrit que des anxiolytiques qui m’ont assommé, j’ai arrêté. j’ai même vu le médecin du travail, qui m’a confirmé une dépression, mais ne m’a pas plus aidé à part me conseiller de voir mon généraliste. Mais, c’est toujours là, et je n’ai pas de solution. Quelle ont été vos démarches pour en sortir?

    • Bonjour. Je suis très touchée par votre témoignage. Je ne peux que vous apporter ma propre expérience en espérant que cela vous aide. Dans un 1er temps, mon conseil est de vous arrêter au plus vite. Vous n’en parlez pas et je suis surprise si personne ne vous l’a proposé… Donc si ce n’est pas le cas, demandez un arrêt ou acceptez le si on vous l’a proposé. C’est la 1ère étape pour vous permettre de vous reposer. Vous en avez besoin. Vous êtes dans un état d’épuisement, consumée comme une bougie. Vous ne pourrez pas trouver de solutions tant que vous serez dans cet état. Avec un peu de repos, vous verrez que vous trouverez des solutions pour arranger les choses. Avez vous lu mon article sur Pourquoi je veux dire merci à mon burnout?
      Je parle de ce ma vision positive de l’après burnout, cela vous donnera un message d’espoir j’espère.
      Je vous souhaite bon courage et je suis là si besoin. A bientôt

  2. Bonjour, et surtout merci pour ce témoignage. Tu viens de mettre un mot sur ce que j’ai vécu moi aussi, sur la culpabilité ressentie vis à vis de ceux que je pensais “vraiment être” en burn out. Je suis à présent sur la voie de la guérison (ouf)et reprend petit à petit goût à la vie. Après 14 mois, il était temps. Mais cette impression d’être “entre deux” me pesais. Je sais à présent que je ne suis pas seule, et cela me fait du bien. Encore MERCI.

    • Merci à toi pour ton commentaire. Je suis ravie si cela peut t’aider à déculpabiliser et à enfin mettre un mot sur ton mal-être. Non, tu es loin d’être seule, crois moi, nous sommes beaucoup (trop) dans cette situation. La société nous met beaucoup trop de pression à tous les niveaux. Je te souhaite une très belle continuation sur la voie de la guérison et de la bienveillance envers toi-même. A bientôt

  3. Pingback: Vis ma vie de femme: entre pression et culpabilité - Maman 4.0

  4. Mon burn out était aussi mixte: trop de temps de trajet, trop de pression au boulot, une fausse couche d’un bébé inespéré, et puis l’épuisement à la maison avec trois enfants en bas âge. Je suis persuadée que le burn out a rarement une seule et unique cause.

    • Merci pour ton commentaire. Tu as tout à fait raison. Il y a toujours plusieurs raisons derrière un burnout mais je trouve qu’on en parle peu en ces termes. Et du coup, on ne se reconnait pas forcément.

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