L’année dernière, j’ai vécu un pré-burnout. Ce terme n’existe pas mais je pense qu’ il correspond bien à ce que j’ai vécu.

J’ai touché le fond, j’ai pleuré tous les jours, pendant des mois, je n’ai pas compris ce qu’il se passait, j’ai poussé mon corps dans ses retranchements… la suite dans un prochain épisode. Teaser! Car cela va peut-être vous paraître bizarre mais je ne vais pas écrire un article sur cet événement. Un jour peut-être. En attendant vous pouvez aller lire l’excellent article de Boots and Pepper, Le burn-out parental, ou le sombre et solitaire quotidien du congé maternité. Vous comprendrez mieux ce que l’on ressent quand on est à bout et que l’on remet tout en question, malgré soi.

Je dis souvent qu’à quelque chose malheur est bon ou bien qu’après la pluie vient le beau temps (Oui, j’adore les vieilles expressions). Quand je traverse des périodes difficiles, je serre les dents et je me dis que les choses vont s’arranger et surtout, quand j’en ai le pouvoir, je fais tout pour réagir et ensuite en tirer le positif.

Un burnout maternel peut-il apporter du positif? Oh que oui!

Mon burnout m’a appris à

Être moins perfectionniste

J’ai toujours été perfectionniste, recherchant l’excellence dans tout ce que je faisais.  C’est une des principales causes des épuisements pros ou personnels. On s’épuise en cherchant la perfection alors que bien sûr elle n’existe pas. Et c’est très bien comme ça d’ailleurs! Depuis mon burnout, j’ai appris ce que le verbe ‘se satisfaire’ veut dire. J’essaie d’atteindre les 80% dans ce que je fais et je me rends compte que la terre ne s’arrête pas de tourner. La vaisselle n’est pas faite? Les enfants ne pourront pas prendre de bain ce soir? Pffff, même pas peur!

Être plus égoïste

C’est certainement un point très important, si ce n’est le plus important. Quand on devient maman (désolée les papas mais je pense que c’est très féminin), on a tendance à faire passer nos désirs après ceux des autres membres de la famille. On veut être là pour eux au risque de ne plus s’écouter. Et pourtant, il faut être un peu égoïste dans la vie. En prenant soin de soi, on se met dans les bonnes conditions pour prendre soin des autres. Tout est une question d’équilibre mais bien sûr qu’une maman doit aller voir ses copines, qu’elle doit aller faire du sport, qu’elle peut aller faire les magasins les samedi après midi alors que la maison est en bazar et que les enfants sont en train d’écrire sur les murs. Je dirais même que dans ce cas très précis, il faut fuir!

Demander de l’aide

Pour avoir le plaisir d’être plus égoïste, il faut s’octroyer le droit de demander de l’aide (oui parce que si on part en laissant ses enfants repeindre les murs, c’est pas terrible quand même). Il faut d’abord reconnaître qu’on a besoin d’aide (ce n’est pas toujours facile) et ensuite oser demander de l’aide. Je sais que certains d’entre vous vont trouver ça bizarre de ne pas oser demander de l’aide, mais moi j’étais comme ça. Je n’aime pas déranger en général et j’avais aussi sûrement peur d’être mise dans la catégorie ‘mauvais mère qui n’arrive pas à gérer ses enfants’.  Mais maintenant, j’ose. ‘Allô tata Doudi? Allô Mamie Framboise? Vous pouvez venir garder les garçons? Sinon j’en fais de la chair à sauc….. !’

M’écouter

Pas tout à fait la même chose que l’égoïsme. Ici, il s’agit d’écouter les limites de mon corps. Si vous avez lu mon article sur mon hypersensibilité (Ne dites plus jamais ‘Tu es trop sensible’), vous savez que je suis très vite fatiguée, plus que la plupart des gens. Parfois, les garçons ont envie d’aller au parc de jeux après l’école. Parfois j’accepte mais lorsque je suis trop fatiguée par ma journée de travail, je refuse en leur expliquant pourquoi. Je ne dis pas qu’ils comprennent à chaque fois mais au moins, je ne me retrouve dans une situation où je ne me sens pas bien et où je leur en veux.

Compartimenter

Avant j’avais du mal à séparer ma vie professionnelle de ma vie personnelle. Quand j’étais avec mes enfants, je pensais  à  tout mon travail en retard. Je n’avais pas l’esprit tranquille et ne profitais pas du moment présent. Et bien sûr, quand j’étais au travail, je ressassais les paroles blessantes que j’avais pu avoir envers mes enfants le matin avant de partir. A présent, c’est fini. Quand je fais quelque chose, mon esprit est à 100% dans ce que j’entreprends.  Lorsque je joue avec mes garçons le soir, je laisse mon portable éteint et je profite du moment. Mais si j’ai autre chose à faire par la suite, je le fais sans culpabiliser, en expliquant aux enfants que maman n’est pas qu’une personne qui fait à manger, donne le bain et joue aux petits chevaux! Maman a une vie! Incroyable!

Renouer avec ma passion

Là je parle surtout de mon cher petit blog que j’aime tant. Jamais je n’aurais eu le courage de commencer à écrire si je n’avais pas connu ce burnout. Tout a commencé comme un défi lors d’un bilan de compétences version 2.0 avec Switch Collective. Je devais trouver une activité me sortant de ma zone de confort et qui me ferait renouer avec une ancienne passion enfouie. Et voilà pourquoi aujourd’hui je suis en train d’écrire cet article. Alors sans burnout, pas de Maman 4.0. Vous imaginez la tristesse??

Être reconnaissante

J’étais déjà reconnaissante de ma vie. Je suis privilégiée et je l’ai toujours su. J’ai un mari formidable et des enfants merveilleux.  Mais quand on traverse une période sombre, la lumière devient encore plus belle (je suis aussi poète à mes heures perdues). Mon mari m’a épaulée comme jamais je n’aurais pu l’imaginer. Sans lui, je n’aurais peut-être pas réussi à rebondir aussi vite. Alors, Jules, si tu lis ces quelques lignes, merci.

Déculpabiliser/ me moquer des (yaquafauque)

Je ne suis pas parfaite. Je fais des erreurs. Mais  je ne veux plus me sentir coupable. Je fais de mon mieux, mes enfants sont heureux, bien dans leurs baskets, je les aime, sans doute maladroitement parfois mais je suis là pour eux. Alors, les conseils des autres parents ‘parfaits’, les ‘yaquafauque‘ (à lire à voix haute, vous comprendrez!) je m’en moque maintenant. Si eux n’ont pas de problème, tant mieux pour eux. Moi j’ose dire tout haut ce qu’ils n’osent même pas penser tout bas.  Nous sommes tous imparfaits et tant mieux! Sinon , qu’est-ce qu’on s’ennuierait!

M’aimer un peu plus

C’est pas parfait. Mais j’ai dit ‘un peu plus’, ok? Alors, laissez moi un peu de temps…

Voilà ce que mon pré-burnout m’a appris.

Alors, si vous êtes une maman en train de traverser une période difficile, serrez les dents, accrochez-vous, le bout du tunnel n’est pas loin et vous en ressortirez encore plus forte.

Soyez fière d’avoir donné la vie. Vous êtes une maman sans doute imparfaite mais totalement normale!

 

11 Comments

  1. Pingback: Le goût amer du temps partiel - Maman 4.0

  2. J’ai eu la chance de ne pas connaître de remise en cause aussi profonde, mais je crois que ce sont des conseils extrêmement utiles même quand on en est pas encore à cette situation…Justement pour arriver à l’éviter en amont.

    • Merci beaucoup pour ton commentaire. Heureusement nous ne vivons pas toutes ce genre de remise en question totale mais il est important d’en parler car on se sent si seule dans ces moments là. A bientôt

  3. MERCI.
    J’aurais pu m’arrêter là.
    Merci de mettre des mots sur ce que beaucoup de maman ressentent pendant le congé parental ou maternité, mais qu’on n’ose pas dire ou qu’on ne sait pas exprimer car en même temps cet enfant c’est une vague de bonheur, mais parfois aussi de fatigue, de solitude, etc.

    • Merci beaucoup. Ce que tu me dis me fait vraiment plaisir. J’écris pour justement aider les femmes à déculpabiliser. Nous aimons nos enfants mais oui, être maman est le métier le plus dur au monde!
      A bientôt et merci encore

  4. Je traverse en ce moment une phase terrible, qui dure depuis un moment déjà. Outre la gestion des enfants, il y a le boulot, et le tout réuni me parait insurmontable ces derniers temps. Beaucoup de pleurs, de démotivation, de trajets pour le.boulot avec la boule au ventre, sachant qu apres il faudrait encore gérer la maison…. Le pb est que si je parle de burn out, on me dit que j exagère. Et je me suis pas mal retrouvée dans ton article, surtout sur une période donnée, avec les enfants. Aujourd’hui j’ai appris à reprendre du tps pour moi, et délaisser la perfection. Mais pour le moment, je ne suis pas encore sortie de cette spirale. Merci pour ce bel article

    • Je suis sincèrement désolée de la situation dans laquelle tu te trouves en ce moment. C’est exactement ce que j’ai vécu récemment. Il faut t’entourer des bonnes personnes car oui, tu es en plein burnout. Il ne faut pas que tu restes seule face à ça. N’hésite pas à m’en parler en message privé via mon mail nanouimparfaite@outlook.fr ou bien sur Instagram. Je suis là. Et crois moi, ca va aller. Tu vas y arriver. Courage

  5. Oh merci alors pour ces gentils mots ! Et je suis tout à fait d’accord avec toi, quand on va mal, il faut trouver une solution. Et en la cherchant, on renoue souvent avec ces petites choses essentielles qui nous poussent à aller de l’avant ! Pour ma part, une reconversion pro, ce qui est loin d’être anodin ;).
    Bises

    • Merci beaucoup pour ton commentaire et mes mots sont sincères. J’adore ton blog et cet article a fortement résonné en moi, tu t’en doutes. Moi aussi je suis en train de repenser ma vie professionnelle. On verra ce que l’avenir me réserve! A bientôt

Write A Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.